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Théâtre. Avec Mamadou Sall, ils traversent les frontières

Travail d'écriture et de répétition au Théâtre de Saint-Nazaire pour "Traverser les frontières" (©Ville de Saint-Nazaire - Martin Launay) - Agrandir l'image, .JPG 393Ko (fenêtre modale)
Travail d'écriture et de répétition au Théâtre de Saint-Nazaire pour "Traverser les frontières" (©Ville de Saint-Nazaire - Martin Launay)

[video] Le Théâtre de Saint-Nazaire propose la création « Traverser les frontières » avec des habitants des quartiers d’Avalix et de la Chesnaie le 26 mai à 18h. Porté par le conteur Mamadou Sall, le projet mûrit depuis plus d’une année.

L’un après l’autre, chacun répète le prénom de ses voisins et se présente à son tour. « Duarte », « Eliane » ou « Rajili », les prononciations ne sont pas évidentes pour tous. Cet exercice, en cercle, permet de mieux se connaître et d’entamer la première répétition de « Traverser les frontières ». Elle a lieu à la Maison de quartier de la Chesnaie et réunit la troupe formée par Mamadou Sall, Marie Louët et LNA.

Le premier, conteur nazairien originaire de Mauritanie, porte la nouvelle création du Théâtre de Saint-Nazaire. Accompagné par la metteuse en scène et la vidéaste de la Compagnie Quartier Nord, il invite tout d’abord les participants à lâcher prise. « On va faire des sons, c’est une manière d’être unis dans cette expérience ». Les voix sont encore un peu timides en ce début d’après-midi, mais chacun va s’efforcer d’aborder la représentation du 26 mai presque sans trac. Surtout, chacun va donner un peu, beaucoup, de soi et de sa culture.

Une création avec des Nazairiens de tous horizons

Des histoires personnelles sublimées

Comme l’an dernier pour la création « Le Pas-sage » de Quartier Nord qui s’intéressait à la transition entre enfance et adolescence, les artistes s’inspirent directement du vécu des habitants qu’ils rencontrent. « Je vais parler de l’existence de mon peuple les Yézidi, un peuple peu connu en France », se réjouit Islam. Il a fallu de longs mois pour collecter textes et paroles, témoignages de parcours, chansons ou même recettes de cuisine ; de longs mois aussi pour convaincre ces Nazairiens venus d’ailleurs de monter sur scène. Car cette fois, c’est du passage des frontières que traite la création. « On considère que chaque parcours de vie est passionnant et mérite d’être porté et sublimé d’une manière artistique », explique Marie Louët.

Aucun parcours ne se ressemble. Certains ont fui leur pays pour des raisons politiques, d’autres pour des questions de sécurité et d’autres encore pour le travail. Tous ont simplement en commun l’apprentissage du français. Ils sont accompagnés par des enseignants bénévoles qui s’investissent également dans le projet. « C’est important pour eux d’être considérés comme des personnes à part entière et pas seulement comme des personnes qui apprennent le français », constate Danièle Ludeau, bénévole. « On les voit se transformer petit à petit, ils s’ouvrent et il se passe quelque chose. »

Toutes ces tranches de vie, marquées par la migration et les cultures entre plusieurs pays, auront des visages et des voix sur la scène et l’écran du Théâtre. Au-delà du présent de « migrants » de ces Nazairiens ou « d’apprenants » du français, la création de Mamadou Sall, Marie Louët et LNA met aussi en lumière leur passé et peut-être leur avenir.