À Escal’Atlantic, une restauration dans les règles de l’art

Restauration par Anne Jacquin de panneaux de laque précieux de l’artiste décorateur Jean Dunand dans le hall d’Escal’Atlantic. Crédit photo : Christian Robert

La fermeture annuelle d’Escal’Atlantic a donné lieu à la restauration des quatre panneaux de laque surplombant le hall du musée. En 1935, ces œuvres de Jean Dunand ornaient le salon fumoir de première classe du paquebot Normandie.

 

L’ensemble décoratif « La chasse » a été dessiné et réalisé par le plus grand des artistes-décorateurs laqueurs des années 1930, sur commande de la Compagnie Générale Transatlantique. Il aura fallu à Jean Dunand deux années de travail acharné dans son atelier parisien pour donner vie à cette remarquable fresque murale dont les couleurs chatoyantes s’accordaient à la perfection au mobilier de cuir et aux tons fauves du salon fumoir du Normandie : « On estime à 35 le nombre de couches de laque et de feuilles d’or, que l’artiste a apposées, poncées, sculptées et ciselées selon une technique très spécifique », explique Tiphaine  Yvon, responsable du pôle patrimoine à Saint-Nazaire Agglomération Tourisme. Rappelons que ces œuvres sont d’autant plus précieuses qu’elles ont échappé au funeste destin du Normandie, coulé dans le port de New York lors d’un incendie accidentel : elles n’étaient plus à bord depuis que le paquebot avait été réquisitionné pour le transport de troupes.

Une restauratrice spécialiste des laques

Comme on peut l’imaginer, les panneaux – tout comme l’ensemble des œuvres, mobiliers et objets exposés à l’Escal’Atlantic – font l’objet d’une surveillance rapprochée. Il y a quelques mois, constatant des fissures et des écailles, Agathe Doufils, chargée des collections et de la conservation à Saint-Nazaire Agglomération Tourisme, a sollicité la restauratrice Anne Jacquin pour lui confier la consolidation et la stabilisation des panneaux. Agréée musée de France, cette spécialiste des laques connaît bien ces œuvres de Jean Dunand, « très fortes tant esthétiquement que techniquement », pour avoir déjà travaillé à leur conservation.

Respecter l’œuvre originale

Aux dires de l’experte, grâce à l’environnement stable dans lequel ils sont exposés et à la surveillance régulière à laquelle ils sont soumis, les panneaux sont en relativement bon état. « Ils vieillissent bien… mais ils vieillissent quand même. D’où la nécessité d’intervenir régulièrement pour ne pas les laisser se détériorer », nous dit la restauratrice. Celle-ci souligne également l’importance – et la complexité – de rendre sa restauration invisible « pour respecter l’œuvre originale de l’artiste ». Infiltration d’un adhésif fluide, ré-application des écailles à l’aide d’une spatule chauffante, retouches au cas par cas… Installée dans le hall d’Escal’Atlanctic où les panneaux ont été déposés le temps des opérations, Anne Jacquin restaure avec patience et minutie ces œuvres exceptionnelles, tout en veillant à la réversibilité des produits utilisés : ceux-ci devront pouvoir être retirés lors des futures interventions de conservation.

Pour la réouverture de l’Escal’Atlantic le 5 février, les quatre panneaux de laque auront donc retrouvé leur éclat d’origine et leur place en surplomb du hall d’accueil.

 

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