Olive Martin et Patrick Bernier installent leur « Déparleur » dans l’école Brossolette qui sera bientôt réhabilitée pour devenir un pôle d’équipements. Crédit : Éric Gouret.

Dans le cadre du 1 % artistique, les artistes Olive Martin et Patrick Bernier investissent le quartier avec leur métier à tisser nomade. Les tentures sont modelées au fil des rencontres avec les habitants et les écoliers.

 

Six ans après leur exposition au Grand Café précédée d’une résidence, Patrick Bernier et Olive Martin continuent de tisser des liens avec Saint-Nazaire. Leur « attachement » à la ville a conduit le duo d’artistes nantais à répondre à l’appel à projets du 1 % artistique proposé dans le cadre de la réhabilitation de l’école Pierre Brossolette. Mis en place à la sortie de la Seconde Guerre mondiale pour soutenir les artistes plasticiens, le dispositif permet à chaque groupe scolaire nazairien d’accueillir des œuvres. La Ville souhaite aujourd’hui amplifier la présence de l’art dans l’espace public, les commandes du 1% artistique s’inscrivent dans cette dynamique d’ouverture. 

Avec Les bandes apotropaïques, Olive Martin et Patrick Bernier poursuivent leur exploration d’une technique tisserande d’Afrique de l’Ouest. « Lors de notre résidence, des amis nous ont transmis quatre photos de 1984, prises à Saint-Nazaire, montrant des tisserands utilisant cette technique particulière, relate Olive Martin. Nos recherches nous ont permis de comprendre qu’il s’agissait de personnes originaires de Guinée-Bissau et du Sénégal venues travailler sur les chantiers. La communauté manjaque est très présente à Saint-Nazaire, notamment au Petit Caporal. Ça nous a permis de tirer des fils et nous avons fait plusieurs séjours au Sénégal pour apprendre cette technique. »

 

Les rencontres nourrissent l’œuvre

Depuis juillet 2020, les deux artistes installent leur « Déparleur » dans l’enceinte de l’école Brossolette et les espaces publics du quartier. Cette œuvre-outil donne naissance à des tentures au fil des rencontres avec les habitants et les écoliers. Chaque session de travail dure huit à dix jours. « Nous tissons en écru quand nous sommes seuls et nous passons au bleu indigo quand une personne s’arrête. La bande tissée se module en fonction des passages et de la durée des échanges. Cette technique vient réveiller les souvenirs et les connaissances que nous avons tous en relation au textile. Le Déparleur est un très bel outil pour se rencontrer et débattre. » Parmi les discussions venues rythmer le tissage, les conseils de Dibo Mendes, tisserand présent sur les photos, ont été « un cadeau inespéré ».

Une première tenture, aujourd’hui achevée, sera installée dans le hall du groupe scolaire ainsi que plusieurs bandes tissées en cours de création. Le projet prévoit également de transcrire les enregistrements textiles au sol. « Une bande de 20 cm de large venant de la rue traversera le bâtiment et les cours de l’école. Cette brèche de terre, qui pourra être cultivée, accompagnera les enfants dans le récit qu’ils se seront construits. » Patrick Bernier et Olive Martin reviendront au printemps pour rencontrer les habitants du Petit Caporal. 

Crédit : Éric Gouret.

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