Réforme des retraites. "Le 49-3, un aveu d'impuissance"

David Samzun, maire de Saint-Nazaire. © Martin Launay

La réaction de David Samzun, maire de Saint-Nazaire, après l’utilisation par le gouvernement de l’article 49-3 de la constitution pour faire passer la réforme des retraites.

 

« L’usage du 49.3, outil constitutionnel à la main du Gouvernement, est ici un aveu d’impuissance. Il n’est une surprise ni sur le fond, ni sur la forme. Sur le fond, c’est l’aveu d’une impuissance qui vient de loin, car tout indique depuis des mois que cette réforme des retraites injuste et brutale n’est ni comprise, ni acceptée. Et ce pour une raison majeure : elle est motivée par la résorption des déficits publics, suite aux cadeaux fiscaux distribués aux grandes fortunes et aux entreprises du CAC 40, et non par ce qui devrait en être le fondement : la consolidation du pacte social, la solidarité entre les salarié·e·s et entre les générations.

Sur la forme, cet usage du 49.3 est un exemple supplémentaire de cette culture politique « Jupitérienne » dont on nous avait pourtant promis la fin. Il est la conséquence, voire l’outil supplémentaire, d’une stratégie politique qui a patiemment et systématiquement malmené les forces syndicales, les espaces de démocratie sociale, les acteurs et actrices politiques.

Certains s’en félicitent comme un geste d’autorité face aux besoins de réformes, d’autres dont je suis, soulignent depuis des années l’extrême dangerosité de cette stratégie pour l’avenir politique de notre pays. Je partage donc la volonté de l’Intersyndicale de témoigner pacifiquement de tout cela lors de la journée du 23 mars.

Cette situation convoque aussi les forces de gauche car, en politique, l’opposition peut être un point de départ, la force de proposition est un chemin nécessaire. A elles de dresser les contours d’une autre réforme et de prendre l’engagement de la porter lors des prochaines élections législatives, quelles que soient leur calendrier. A défaut d’issue politique, le mouvement social n’aura pas de débouché et les risques d’embrasement ou de dérapages n’en seront que plus forts. »

David Samzun, maire de Saint-Nazaire

 

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