Pour la première fois, Le Grand Café de Saint-Nazaire accueille, jusqu’au 5 janvier 2025, les œuvres de trois artistes en simultané : Nohemi Pérez, Joris Héraclite Valenzuela et Ana Vaz. Elles évoquent l’identité culturelle, la mémoire, notre perception du temps et de l’avenir.
Depuis samedi 5 octobre, trois nouvelles expositions se sont installées au Grand Café. Le centre d’art contemporain de Saint-Nazaire réunit les univers des artistes et donne à voir l’expérience personnelle de chacun concernant un lieu : les cités HLM de Saint-Nazaire pou Joris Héraclite Valenzuela, le territoire du Catatumbo en Colombie pour Nohemi Pérez et la région d’Amazonas au Brésil pour Ana Vaz.
Nohemi Pérez met en lumière la friction constante entre homme et nature autour des tensions liées au pouvoir, à l’exploitation et aux richesses. Son travail montre les conflits qui ont ravagé la région Catatumbo, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, depuis la conquête espagnole à nos jours. Les visiteurs y découvrent un paysage de la jungle colombienne au charbon de bois et broderie, des peintures à l’huile sur toile, au fusain et des petites aquarelles que l’artiste à produite pour l’exposition.
Les mémoires d’un lieu

Joris Héraclite Valenzuela, en résidence à Saint-Nazaire, raconte à travers ses œuvres contemporaines les mémoires d’un quartier, celui du quartier d’Avalix avec ses prélèvements en silicone sur les façades des HLM du quartier et de la Base sous-marine. Au sein de la plus grande des salles de la galerie en partenariat avec le salon de Montrouge (soutien à la jeune création), les visiteurs pourront y découvrir de grandes enveloppes témoignant des fissures et stigmates du temps.
Père originaire du Chili, le jeune diplômé des Beaux-Arts de Paris il y a deux ans, parle d’immigration et appréhende ses œuvres comme un pansement d’une histoire et mémoire d’un lieu. Au milieu de ces façades, des plantes prennent place, ainsi que ses « Animitas », sculptures-autels en forme de petites maisons avec à l’intérieur diverses plantes. En se rappelant ses origines mapuche (population autochtone du chili et de l’argentine), il veut mettre à l’honneur les bienfaits des plantes. Sur le mur, il expose une série de sérigraphies réalisées à partir de photographies Google Earth de paysages urbains végétalisés de Saint-Nazaire et notamment des palmiers.

Le samedi 12 et dimanche 13 octobre, la maison quartier Avalix organise un Workshop avec Joris Héraclite Valenzuela. Ouvert à tous, l’atelier permettra aux participants de créer ensemble des œuvres à partir « d’empreintes » en silicone des murs de certaines façades d’immeubles du quartier. Renseignements auprès du Grand Café. Une rencontre d’environ 1h30 avec Joris Héraclite Valenzuela et Andréanne Béguin, critique d’art est organisée dimanche 8 décembre à 15h.
Apiyemiyeki?

À l’étage, Ana Vaz, artiste et cinéaste, rend hommage à la mémoire du peuple Waimiri-Atroori, originaire de l’Amazonie brésilienne avec son film Apiyemiyeki? (qui signifie pourquoi). Elle donne à voir au travers d’images et de dessins, leur alphabétisation, la violence de la dictature militaire avec des images de sa ville natale, Brasilia. Réalisé à partir des archives Egydio Schwade, elle s’est inspirée de 3 000 dessins réalisés par les Waimiri-Atroari, un peuple originaire de l’Amazonie brésilienne au cours de leur première expérience d’alphabétisation entre 1985 et 1986.
Tous les samedis à 16h, les visites commentées sont gratuites.
Renseignements et réservations au 02 51 76 67 01
publicsgrandcafe@saintnazaire.fr