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Contre-vents : une généalogie des luttes depuis 1968 dans l'ouest de la France

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L'exposition qui occupe le Grand café jusqu'au 29 septembre trace l'histoire des actions de lutte sociale et politique dans l'ouest de la France sous l'angle original du lien entre geste artistique et action militante.

Le Grand Café a invité Guillaume Désanges et François Piron, commissaires d'exposition, à se pencher sur un chapitre des luttes sociales dans la région, la période s'étendant de 1968 à nos jours. Tous deux avaient présenté en 2017 à la Maison rouge à Paris L'esprit français. Contre-cultures 1969-1989. 

« Nous avons été surpris, racontent-ils, par la richesse de la matière disponible aux alentours de Saint-Nazaire. Surtout, nous avons découvert ici un phénomène unique en France : l'entraide et la solidarité entre ouvriers, paysans et étudiants, spontanée et constante, dans toutes les luttes qui ont eu lieu ici. Cette entente forte est liée à une identité culturelle et un attachement territorial profonds, au sentiment partagé d'être tous victimes d'une ”colonisation” de la Bretagne par la France.» 

De mai 68 à Notre-Dame-des-Landes

Depuis les années 60-70, fermetures d'usines, industrialisation de l'agriculture, projets de transformation autoritaire du territoire... motivent des résistances, suscitent de la colère mais aussi des espoirs. Si l'on s'est bagarrés — parfois très violemment — sur le terrain, la rébellion a aussi généré des rencontres, et a donné lieu à toutes sortes d'expressions artistiques, parfois sous l'égide d'artistes invités ou venus spontanément témoigner et apporter leur soutien...

Ainsi Armand Gatti, artiste protéiforme, passe quelques mois à Saint-Nazaire avec sa « tribu » en 1976-1977 et multiplie les interventions impliquant les habitants ; René Vautier tourne à Trignac et Couëron deux films marquants du cinéma politique français ; Jean-Louis Le Tacon et Patrick Prado impriment sur pellicule la colère bretonne dans les usines et chez les agriculteurs (dont Cochon qui s'en dédit, film de thèse d'ethnographie)...

Ce voyage dans le concret et l'imaginaire des luttes envisagé comme une généalogie s'achève dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, « suite assez logique des mouvements des années 70 », après avoir dessiné, au fil de reproductions, collages, projections... « le portrait idéalisé d'une résistance à une certaine marche du monde et à ses impacts sur des modes de vie spécifiques » à travers des expériences qui « mènent à une pensée de l'émancipation qui dépasse les frontières régionales. »

Jusqu'au 29 septembre au Grand Café, place des quatre z'horloges.
Tous les jours sauf lundis et jours fériés de 14h à 19h. Pendant les vacances scolaires d'été: tous les jours sauf lundis, de 11h à 19h. Entrée libre.