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Instants patrimoine #10. Saint-Nazaire, ville de soudeurs

Étude pour les soudeurs. Gouache, par Albert Brénet. S.D. Albert Brenet, peintre. Collection Ville de Saint-Nazaire. Saint-Nazaire Agglomération Tourisme-Écomusée - Agrandir l'image, .JPG 345Ko (fenêtre modale)
Étude pour les soudeurs. Gouache, par Albert Brénet. S.D. Albert Brenet, peintre. Collection Ville de Saint-Nazaire. Saint-Nazaire Agglomération Tourisme-Écomusée

Lorsqu’on pense patrimoine, il ne faut pas oublier les hommes et les femmes qui œuvrent au quotidien à travers leurs métiers, leurs connaissances ou leurs pratiques pour le valoriser. Coup de projecteur ce mois-ci sur le métier de soudeur.

Le soudage s’est généralisé dans la construction navale au cours du 20e siècle. Auparavant, on utilise des rivets, pièces métalliques qui, une fois chauffées à blanc, sont insérées dans les tôles pour, en se refroidissant, en assurer la jonction. Les inconvénients sont évidents : le temps passé pour chaque rivet, le risque de déchirure, le coût – trois personnes par rivet posé, dont souvent une femme dite «chauffeuse de rivets» – le poids supplémentaire. Le paquebot Normandie a ainsi nécessité la pose de 11 millions de rivets. La soudure, elle, a beaucoup d’avantage : rapidité, étanchéité, légèreté et un poids moindre. On a commencé par utiliser la soudure dans les parties secondaires des navires. 

Ce sont les Américains qui ont généralisé son emploi qui est l’innovation majeure dans la rapidité de construction des Liberty Ships d’après Seconde Guerre mondiale. À Saint-Nazaire, elle est utilisée dès les années 1930. Si Normandie est un paquebot riveté avec quelques soudures, France sera un navire soudé avec peu de rivets. Aujourd’hui, les chantiers navals de Saint-Nazaire possèdent un carnet de commandes représentant plus de 100 millions d’heures de travail. Le chantier devra livrer au moins deux paquebots par an jusqu’en 2023. La formation soudure qui avait été suspendue dans les chantiers au début des années 1980 a été rouverte et les chantiers forment environ 50 soudeurs chaque année. Une longue histoire unit la soudure navale et Saint-Nazaire, devenue l'un des hauts lieux de cette technique.