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Instants patrimoine #5. Un tableau d’honneur redécouvert

La plaque de marbre a été redécouverte récemment dans le cadre des recherches conduites pour la candidature Ville d’Art et d’Histoire. - Agrandir l'image, .JPG 78Ko (fenêtre modale)
La plaque de marbre a été redécouverte récemment dans le cadre des recherches conduites pour la candidature Ville d’Art et d’Histoire.

Partons à la (re)découverte d’un émouvant témoignage de l’histoire de la ville retrouvé après une éclipse de quelques 70 ans : le tableau d’honneur des employés municipaux morts pour la France.

C’est par une délibération du 5 février 1920 que le Conseil municipal décide d’honorer la mémoire des employés de la Ville morts pendant la Première Guerre mondiale. Cette belle plaque de marbre est alors installée dans le hall de l’Hôtel de Ville. La cérémonie d’inauguration, le 29 octobre 1920, se fera en interne, au sein des services de la Ville, sans inviter les familles afin de ne pas « raviver les douleurs ».

Après le nom et prénom de chaque agent vient son grade dans l’armée et son service de rattachement en tant qu’employé. 17 agents ont été tués. Si des services sont toujours d’actualité, comme le Service des eaux, ou encore la Police municipale, d’autres par contre, évoquent un temps révolu. Ainsi les préposés d’Octroi nous rappellent que l’entrée dans les villes était alors soumise, pour de multiples marchandises, au paiement d’un droit d’accès. Les « barrières d’octroi » étaient donc gardiennées. De tous les services, c’est la Police municipale qui compte le plus de victimes car, habitués au maniement des armes, les policiers étaient souvent envoyés vers des missions périlleuses.

Il est à noter dans cette triste liste, la présence de Jean Lavallée un des premiers tués nazairiens au front. Il était alors le jeune père d’un petit garçon qui portera le même nom que lui : Jean Lavallée qui deviendra un grand résistant exécuté par les nazis à Buchenwald en 1945.

Le tableau d’honneur sera sauvé des ruines de l’Hôtel de Ville en 1945 sur demande du maire François Blancho, puis remisé dans un entrepôt. Redécouvert récemment dans le cadre des recherches conduites pour la candidature Ville d’Art et d’Histoire, il est en cours de restauration selon la Charte de Venise. Il conservera ainsi la mémoire des traces des bombardements, tout en retrouvant sa forme d’origine.