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Ville d’art et d’histoire. Un four de plus de cent ans

Le four à pain de la Belle Hautière a une centaine d'années. (©Ville de Saint-Nazaire - Blandine Bouillon) - Agrandir l'image, .JPG 311Ko (fenêtre modale)
Le four à pain de la Belle Hautière a une centaine d'années. (©Ville de Saint-Nazaire - Blandine Bouillon)

[VIDEO] A proximité de l’étang de la Belle Hautière se situe un fournil en pierres. Construit il y a plus d’un siècle, il a pu être mis en chauffe pour cuire du pain et des fougasses.

A l’angle de la route de Guindreff et de la rue Guy de Maupassant trône une petite maison. Il s’agit d’un four à pain, ou plus précisément d’un fournil puisque la bâtisse contient un four à pain, mais aussi un espace pour la préparation de la pâte.

Ses pierres sont des roches métamorphiques, des roches qui ont subi une transformation minéralogique et structurale. A l’origine sédimentaires ou magmatiques, elles sont passées à l’état solide sous l’effet d’une température et/ou d’une pression élevée(s). Elles ont donc permis de construire le fournil vers la fin du XIXe siècle.

Aucun document ne permet de dater précisément cette construction. Le cadastre de 1829 révèle que Guindreff comportait très peu d’habitations, seules quelques modestes unités, aucune grande ferme et pas encore de fournil, certainement en raison des terres très humides.

Instant patrimoine #4

Faire vivre le fournil

Le toit, à l’origine en mottes de terre et en herbe est surmonté d’une cheminée en briques d’où on a pu voir des volutes de fumée s’échapper lors de la fête de l’étang de la Belle Hautière. Organisée par le Conseil Citoyen de Quartier le 26 septembre 2020, cette fête inaugurait de nouveaux équipements installés pour le public, telles que les tables de pique-nique.

Avec l’aide de deux professionnels de la boulangerie et de la pâtisserie, Solenne Goujon et Nicolas Dufay, le four avait eu pendant plusieurs heures le souffle chaud, de quoi cuire pain et fougasses. Pour cela, il avait fallu sécher le four et le faire monter très progressivement en température quatre jours plus tôt. Cette phase dite de "désenrhumage" permet de prendre soin de la maçonnerie.

"Nous avions pétri la pâte et allumé le feu de bois le vendredi pour pouvoir cuire le samedi après-midi", se souvient Nicolas Dufay. "Il faut compter quarante-cinq minutes de cuisson pour le pain et seulement deux minutes pour des fougasses."

Le fournil avait été rendu fonctionnel après sa restauration en 1990 avec des élèves du lycée professionnel Boulloche. Il fait partie de ces éléments du patrimoine rural restés en place ici ou là dans les villages et hameaux du bocage de Saint-Nazaire et de la Brière, des éléments parfois inattendus mais si riches.