Culture. Les artistes soutenus par la Ville

Constance Boulay dans son atelier
Constance Boulay dans son atelier (©Bruno Bouvry)

La Ville octroie des bourses d’un montant global de 20 000 € par an à une douzaine de projets artistiques. Cinquante-huit artistes en ont bénéficié depuis 2019, dont treize pour l’année 2024. Constance Boulay et Anna Picco en font partie.

Constance Boulay et ses grosses mères

À 36 ans, Constance Boulay, originaire de Mayenne, s’est installée avec sa famille près de la mer, à Saint-Nazaire.

Dans une ressourcerie, elle a été attirée par un ouvrage consacré à l’exploratrice nazairienne Odette du Puigaudeau et a décidé d’y consacrer un projet artistique. Sans savoir qu’une exposition serait dédiée à Odette du Puigaudeau la même année, en 2024, à la galerie des Franciscains, elle a présenté son projet pour l’obtention de la bourse de la Ville.

« Pour moi, la bourse, c’est une reconnaissance. C’est aussi un lien fort avec une ville riche en histoire maritime et échanges culturels, et c’est un soutien concret pour poursuivre mes recherches et développer ma technique artistique autour du textile. »

Depuis douze ans, Constance Boulay travaille avec du textile recyclé et revient d’une résidence de deux mois au Liban autour de cette pratique. Elle intervient notamment sur ce thème dans une classe de CE1 de l’école Marie Curie à Saint-Nazaire lors d’un Parcours d’Education Artistique et Culturelle (PEAC).

« Avec ces tissus, je recrée des sculptures que j’appelle – mes grosses mères –. Elles posent la question de la nécessité du regard des autres pour exister. »

Les œuvres jouent avec les normes et sont dotées de longs bras, symboles de douceur ou de violence.

Anna Picco explore la mémoire des révoltes

Anna Picco aux archives de la Ville (©Ville de Saint-Nazaire – Martin Launay)

Après avoir passé un an aux Ateliers du château d’eau à Saint-Nazaire (fermés en décembre 2024), Anna Picco avait le désir de lier au territoire nazairien sa pratique artistique, toujours nourrie par la mémoire, et en particulier celle des révoltes.

À 37 ans, l’artiste est de retour d’une résidence à la Casa de Velázquez à Madrid, où elle a travaillé sur le rôle déterminant des femmes anarchistes pendant la guerre d’Espagne en 1936.

« Ma pratique est traversée par ces étincelles révolutionnaires et je vois le passé comme un détour pour agir sur le présent. J’ai le désir de travailler sur l’héritage laissé par ces femmes et ces hommes, notamment dans les luttes ouvrières à Saint-Nazaire. »

Les recherches de l’artiste, qui vit à Nantes, débutent aux Archives de la Ville.

« C’est pour moi le plus beau des contacts avec cette mémoire. Je voudrais aussi rencontrer des historiens locaux et arpenter la ville. »

Anna Picco mêlera ensuite toute cette matière à son imaginaire pour la réinventer par le dessin de grand format, au fusain.

Pour elle, la bourse de la Ville représente « une forme de reconnaissance de mon travail, la possibilité d’entrer en contact avec des acteurs locaux et de travailler in situ ».

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