La fresque représente la mémoire et l’histoire ouvrière du quartier de Méan-Penhoët. Photo ©Ville de Saint-Nazaire – Christian Robert

Une fresque géante est apparue boulevard Paul-Leferme à Saint-Nazaire. Cette œuvre autour de la mémoire et de l’histoire ouvrière du quartier de Méan-Penhoët a été réalisée la semaine dernière à l’occasion du Festival Bouge, par des street-artistes réunis en collectif – Diaspora Crew, D1 de Brest et IBS de Nantes.

 

Aux commandes, Charles Cantin – graffeur nazairien, membre du collectif Diaspora Crew – a endossé le rôle de chef d’orchestre. « Trois collectifs d’artistes, aux univers très différents, ont répondu présents pour réaliser cette fresque. Mon rôle était de coordonner la réalisation de cette œuvre pour aboutir à un ensemble harmonieux, » explique le graffeur.

 

Une œuvre collaborative

Fruit d’une commande pilotée conjointement par la Maison de quartier de Méan-Penhoët, la direction de l’urbanisme et la direction de la culture de la Ville de Saint-Nazaire, cette œuvre devait répondre à un cahier des charges spécifique, et notamment une thématique en lien avec le passé ouvrier de Méan-Penhoët. « Nous avons travaillé en collaboration avec le service des archives municipales qui nous a fourni des images illustrant l’histoire du quartier, notamment la construction navale, » précise Charles Cantin. « De mon côté, j’ai proposé une gamme chromatique et chaque artiste a ensuite choisi sa technique. »

Un exercice « imposé », une créativité sans limite

Si l’exercice était imposé, la créativité, elle, n’avait pas de limite. Sur une longueur totale de 60 mètres, l’œuvre est répartie en trois murs indépendants. « Pour être en cohérence avec nos différents univers artistiques, nous avons attribué un mur à chaque collectif. Chacun avait ensuite carte blanche sur sa partie, » raconte Charles Cantin.

Renouveler l’art urbain

L’œuvre, initialement visible jusqu’à l’automne, a rencontré un vif succès auprès de la population. Sa force artistique et son écho à l’histoire et au patrimoine de la cité portuaire a remporté l’adhésion des habitant.es qui ont émis le souhait de pouvoir admirer le travail des graffeurs quelques mois supplémentaires.

David Samzun, maire de Saint-Nazaire, et les différents partenaires de ce projet ont donc proposé de conserver cette œuvre jusqu’à la prochaine édition du festival Bouge. De nouveaux artistes seront alors invités à exprimer à leur tour leur créativité. Une réflexion a également été engagée afin d’identifier des sites d’expression libre pour tous les talents et futurs talents du territoire.

David Samzun, maire de Saint-Nazaire - Michel Ray, adjoint au maire chargé de la culture et Charles Cantin, membre du collectif Diaspora Crew et coordinateur du projet. [ENCADRE] L’art dans la ville

L’art dans la ville

Cette fresque s’inscrit dans la politique de développement de l’art dans l’espace public nazairien. Une délibération-cadre, adoptée en juin 2017, a fixé les grandes orientations de la politique culturelle de la Ville de Saint-Nazaire jusqu’en 2024. Cette stratégie est axée autour de 4 thématiques :

  • XXL vs XXS : avec les chantiers navals et la proximité de la Brière, les grands espaces sont une spécificité nazairienne. La Ville souhaite valoriser le centre-ville en le connectant à un territoire aux dimensions plus imposantes.
  • Tagguer la ville : depuis plusieurs années, Saint-Nazaire fait la part belle au street art avec des fresques singulières qui ornent les murs de la ville. La collectivité entend rester dans cette dynamique avec des œuvres qui créent la surprise pour permettre aux habitants d’appréhender différemment leur lieu de vie.
  • Art-sciences-environnement : Saint-Nazaire est un territoire singulier qui conjugue une activité industrielle marquée et la présence de paysages naturels avec l’estuaire et la proximité de la Brière. L’enjeu est de faire le lien entre ces différents éléments.
  • Art et société : avec ce dernier axe, la Ville se saisit des problématiques sociales pour favoriser le vivre ensemble et permettre aux citoyens de s’approprier l’espace public.

Revenir en haut de page