Entretien avec David Samzun : «Être présent au quotidien et préparer l’avenir de la ville»

David Samzun : «La volonté politique est toujours de réaliser l’ensemble du programme électoral avant 2026.» © Martin Launay.

Vie quotidienne, pouvoir d’achat, aménagements urbains, transition écologique… Après trois ans de mandat, David Samzun fait le point sur le projet pour Saint-Nazaire qu’il conduit avec l’équipe municipale.

 

Nous sommes à la moitié de votre second mandat, les promesses de la campagne électorale sont-elles tenues ou en passe de l’être ?

  • Nous avons parfois quelques retards car Covid, inflation, difficultés de recrutements ou recours sur les projets ne nous ont pas épargnés, mais le cap ne change pas. La volonté politique reste de réaliser l’ensemble du programme électoral avant 2026. Nous avons lancé de gros investissements, comme le conservatoire de musique et de danse, l’école d’Arts, l’école Brossolette ou le nouveau réseau hélYce +. Mais je suis également extrêmement attaché aux «petits» investissements comme les équipements de pratique sportive libre en extérieur, la réfection des sols sportifs dans les gymnases Léo-Lagrange ou Léon-Blum, la renaturation de cours d’écoles… [A télécharger : le bilan à mi-mandat]. Les équipements sont une chose, mais j’attache beaucoup d’importance à la vie associative, en soutenant le programme de soutien scolaire d’Ambition jeunesse nazairienne, le garage solidaire de l’association Repare, le Trophée des jeunes talents organisé chaque année par Yountiss, les associations du Carrefour des solidarités… Et j’en oublie évidemment bien d’autres !

Vous avez aussi souhaité remettre en chantier plusieurs grandes politiques publiques ?

  • Depuis 2014, nous avons revisité l’ensemble des politiques publiques municipales. Chaque fois autour d’un travail sur les valeurs et avec l’élaboration d’une feuille de route. Tous les ans, nous donnons rendez-vous à la population et aux acteurs concernés pour débattre et évaluer le service rendu à la population. Ces réunions «Saint-Nazaire agit avec vous» se sont tenues début novembre et nous ont permis de voir ensemble ce qui va et ce que nous avons besoin d’adapter. En ce moment, un gros travail est cours autour du projet éducatif local : «Bien grandir à Saint-Nazaire».

 

«Je préfère ce qui rassemble à ce qui divise»

Vous insistez régulièrement sur l’importance de mener collectivement le projet pour Saint-Nazaire. Pour quelles raisons ?

  • Je suis triste de voir l’état de la vie politique aujourd’hui. Des oppositions permanentes qui ne font que fragmenter la société et conduisent parfois à des comportements inacceptables, y compris de membres de la classe politique. Ici, les choses sont assez simples. Je conduis un projet politique extrêmement clair, sur des valeurs humanistes, avec une boussole sociale, un cap écologique et une méthode démocratique. C’est tout cela qui en fait un projet collectif. Je préfère en effet ce qui rassemble à ce qui divise. Le collectif, ça se joue autour du projet mais aussi tout simplement dans les grands rassemblements populaires que l’on soutient ou que l’on organise : les Fééries le mois dernier, Saint-Nazaire Côté nature, La Grande Marée, Saint-Nazaire Côté plages, Les Escales, Place aux associations et, nouveauté en 2024, La Grande Tablée pour partager un beau moment de convivialité autour des plaisirs de la table et des cuisines populaires à l’automne prochain.

2024 sera une année de grands chantiers urbains. Comment faire pour réussir à embarquer toute une ville dans un projet comme «Saint-Nazaire : ma ville jardin au bord de l’océan» ?

  • Pour embarquer la population sur la projection d’une ville à 10, 20 ou 30 ans, il faut en premier lieu bien gérer les besoins au quotidien, répondre aux petits sujets qui gênent les habitant·es. Mon rôle est de prendre tout cela en considération, et de sans cesse le ramener comme un sujet essentiel aux côtés des «grands projets». Dans un second temps, il faut réussir à «projeter» la ville. Prévoir et expliquer toutes les évolutions urbaines qu’il va nous falloir mener. Avec un objectif majeur : préparer la ville à faire face au dérèglement climatique. Prendre soin de notre environnement et de ses ressources est une obligation morale pour les générations à venir. Dans le projet «ma ville jardin au bord de l’océan», nous prenons en compte toutes les dimensions : le logement évidemment, mais aussi les transports, les liaisons entre quartiers, le commerce, les activités économiques, la préservation des espaces naturels existants et l’augmentation de la place de la nature en ville partout où c’est réalisable.

Et avez-vous aujourd’hui le sentiment d’avoir convaincu les habitants ?

« Le collectif, ça se joue aussi dans les grands rassemblements populaires. » Ici Saint-Nazaire Côté nature en mai 2023.

«Il ne faut exclure personnes des services publics»

L’actualité le rappelle régulièrement, le maire est l’élu vers lequel la population se tourne en premier, notamment pour exprimer des besoins de protection. Comment endossez-vous ce rôle et toutes les attentes qui l’accompagnent ?

  • Le rôle protecteur d’un maire a plusieurs dimensions. D’abord, répondre à toutes les préoccupations et corriger les dysfonctionnements qui nous sont signalés. Le maire a aussi des compétences en matière de tranquillité publique. Nous avons déjà augmenté le nombre de policiers municipaux (une vingtaine aujourd’hui) et de caméras de vidéo protection. Je ne m’interdis pas d’amplifier encore le dispositif. Mais la Ville n’agit pas seule. Elle n’a pas, à elle seule, les moyens d’assumer les coûts supplémentaires. Des discussions sur ces sujets sont en cours avec l’État.
  • Je m’attache aussi, avec les outils qui sont les miens, à préserver le pouvoir d’achat des Nazairiennes et des Nazairiens. En étant attentif aux enjeux de l’emploi et du développement économique et en veillant à n’exclure personne des services publics que nous rendons et qui ont un coût. C’est l’objectif des tarifs solidaires qui s’appliqueront dès janvier sur les factures d’eau potable, avec un calcul basé sur le quotient familial. C’est le même fonctionnement pour les centres de loisirs, pour les bus ou les cantines. Et nous allons un peu plus loin pour la restauration scolaire en ne répercutant pas la hausse des coûts liés à l’inflation sur le prix des repas pour les familles. Cet acte de solidarité sera valable jusqu’à la fin du mandat en 2026.

L’emploi fait partie des sécurités essentielles. Mais un maire n’a pas forcément toutes les manettes en main pour agir sur ce front-là. Quelles actions menez-vous à ce sujet ?

  • Je n’oublie pas que cette ville a connu 23 % de chômeurs. Aujourd’hui, dans l’agglomération nazairienne, nous sommes en dessous des 6 %. Aujourd’hui, dans l’agglomération nazairienne, nous sommes en dessous des 6 %. L’emploi reste une priorité. Nous devons favoriser le développement d’un tissu économique et de formation diversifié, et continuer d’accompagner les grandes industries qui font la particularité de notre territoire, qui rendent des services concrets à tout le pays en termes de transitions écologiques. N’oublions jamais que nous avons été la première ville française à accueillir un champ éolien en mer, que les paquebots qui sortent des cales nazairiennes sont les plus avancés technologiquement au monde, que des réponses concrètes se profilent sur la question de l’hydrogène, qu’au large de nos côtes les chercheurs inventent les solutions énergétiques de demain. L’industrie est aujourd’hui essentielle pour fournir des réponses à la hauteur des défis climatiques. Accompagner son développement et ses innovations permettra aux jeunes générations d’embrasser des carrières industrielles au service de la transition énergétique. Face  à toutes celles et ceux qui dénigrent l’industrie, il faut rappeler qu’elle est constituée de très beaux métiers,  on ne le dira jamais assez.

«En ne répercutant pas la hausse des coûts liés à l’inflation sur le prix des repas dans les cantines, nous faisons acte de solidarité.»

A télécharger

Le point sur les engagements de l’équipe municipale (pdf – 2 Mo)

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