Interview. Lucas Bernard nous tease Le film À toute allure

Lucas Bernard, le réalisateur du film A toute allure était présent pour l’Avant-Première du film le 7 octobre dernier. ©Coline Stephant / Ville de Saint-Nazaire

Réalisé par Lucas Bernard, le film qui sort en salle le mercredi 6 novembre, a été en partie tourné face au bassin de Saint-Nazaire. Lucas Bernard nous raconte les coulisses du film.

CS : Pourquoi la comédie romantique ?

Lucas Bernard : J’ai une affection particulière pour les comédies romantiques parce que c’est un type de film qui me met d’accord avec mon épouse. Quand on cherche quelque chose à voir, une comédie romantique fait plaisir à tout le monde.

CS : Que raconte le film ?

Lucas Bernard : C’est difficile de faire une comédie romantique pas trop prévisible. L’idée que l’on a eue avec le producteur, c’était de faire une rencontre totalement improbable entre un steward et une officier de sous-marin et de faire un film qui soit suffisamment rapide et aventureux pour prendre de vitesse le spectateur et répondre à tous les attendus qu’il peut avoir sur la comédie romantique. Toutes les fois où le film pourrait ralentir trop l’intrigue, l’aventure prenait le dessus et relançait l’action.

CS : Pourquoi avez-vous choisi Saint-Nazaire pour tourner une partie du film ?

Lucas Bernard : On a choisi Saint-Nazaire pour deux raisons. Par rationalisation de production, on essaie de tourner dans les mêmes régions. Comme on savait que l’on allait tourner une partie du film à Nantes, à l’intérieur d’une frégate démilitarisée pour les scènes à l’intérieur du sous-marin, on cherchait dans la région nantaise. J’ai mon frère qui habite à Saint-Nazaire, donc je savais que l’on pouvais y faire une partie des décors, qui étaient le retour des marins, le port… Je savais que à Saint-Nazaire, il y aurait tout ce qu’il fallait.

CS : Vous surfez sur l’improbable, quels ont été vos choix ?

Lucas Bernard : Le public va au cinéma en sachant que ce qu’il va voir n’est pas possible. Il faut trouver une convention, un langage avec lui pour rendre cela possible. Il a fallu trouver un angle d’attaque dans la narration qui fait que tout à coup on croit possible, on accepte comme possible, qu’un Steward, une nuit de tempête tombe amoureux d’une officier de sous-marin et la suive dans un sous-marin. Et nous, pour rendre cela possible, on a utilisé un typhon de force 7 comme diversion. Il se passe quelque chose de tellement énorme avec une tempête totale sur une île du pacifique que le spectateur se fait projeté à coups de pied aux fesses à l’intérieur du sous-marin et quand il se réveille, il est déjà au large.

CS : Comment avez-vous choisi les acteurs ?

Lucas Bernard : Les acteurs vous les choisissez toujours pour des raisons irrationnelles parce que vous les aimez, parce que vous avez envie de travailler avec eux. Pio et Eye rendaient la narration possible. On peut effectivement croire que Pio entre dans un sous-marin sur un coup de tête pour suivre une nénette. De la même façon, Eye Haïdara a cette noblesse magnétique. On croit que les 50 sous-mariniers lui obéissent.

L’affiche du film de Lucas Bernard, A toute allure.

CS : D’où vous est venu l’idée de faire un film dans un sous-marin et traiter la thématique des sous-mariniers ?

Lucas Bernard : Le sous-marin, c’est vraiment un lieu de cinéma. C’est tellement quelque chose de secret, il a très peu de documentaires et peu de photos. C’est un lieu qui est assez caché et fantasmatique. Le milieu des sous-mariniers est un milieu assez fermé, assez secret. Je pense que c’est une catégorie militaire qui est un tout petit peu à part. La qualité première d’un sous-marinier est d’avoir envie d’être sous-marinier, il n’y a pas de problème d’être petit, d’être gros, d’être maigre. Par contre, il faut vraiment avoir envie de se retrouver avec 90 mecs, deux douches pendant 70 jours dans un lieu confiné.

L’image des sous-mariniers que je donne ne vise à aucun moment à être réaliste, ni dans le décor, ni dans les costumes. On est dans quelque chose qui est très esthétique. Si j’essaie de me rapprocher un peu des sous-mariniers, c’est plutôt dans un certain esprit de corps et sans doute de solidarité.

CS : Où voulez-vous amener le spectateur ?

Lucas Bernard : La comédie romantique se base sur des stéréotypes et si elle ne se base pas sur des stéréotypes, elle aboutie toujours à un stéréotype qui est que le couple, c’est le bonheur et l’arrivée. Plus on avait la possibilité de prendre à contre pied les stéréotypes, plus le film nous donnait de la richesse. Admettons que l’on arrive à ce stéréotype, que le couple c’est génial et que c’est l’aboutissement de la vie, on part le plus loin possible pour que le voyage soit le plus exotique possible.

CS : La scène du désert a été tournée pas très loin, racontez-nous un peu le tournage ?

Lucas Bernard : Le film, c’était l’idée de faire le tour du monde, on commence par les îles du Pacifique, on se retrouve dans le désert, on passe au Pôle nord et on finit à Brest. On a tourné le désert dans une gigantesque carrière où des camions circulent et où il y a des espèces de cratères. C’est un lieu assez dingue, qui fait un peu base de méchant, de James Bond. C’est là que l’on a fait le désert. On a planté des tentes militaires, on a mis des ventilateurs pour faire du vent et on a fait une séquence perdue au milieu du désert où le personnage principal se fait questionner par le contre-espionnage. Le plaisir de l’illusion, c’est vraiment un plaisir inhérent au cinéma. Le fait de se dire, on est à Saint-Nazaire, une journée où il a plu et que l’on arrive à donner l’illusion que l’on est au fin fond du désert en plein cagnard, c’est une belle sensation de victoire.

Bande d’annonce du film A toute allure
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