La Nazairienne Morgane Tigero prépare un deuxième EP ou mini-album. On pourra y écouter ses dernières compositions, des chansons au charme doux et percutant qui invitent au voyage.
Ce mercredi, Morgane Tigero a rendez-vous au studio Ohm, une adresse du centre-ville où la chanteuse et musicienne aime se rendre sur son temps libre. Elle y retrouve Yann Tounay, cofondateur du lieu. Avec lui, elle enregistrera son prochain mini-album d’ici début 2026, trois ans après la sortie de l’EP In my mind sur lequel figurait cinq titres.
« J’avais commencé à écrire ce premier EP en 2021. J’étais venue au studio avec quelques compositions à la guitare. Puis un piano a été installé ici et j’ai eu un coup de cœur pour celui-ci. Avec Roland Spenlé à la contrebasse, on a alors enregistré toutes les chansons en piano-voix. A la sortie du disque, j’avais d’autres morceaux en tête à la guitare et l’envie de revenir au studio. »
A l’angle des rues de Maudes et du Croisic, l’artiste apprécie le travail avec l’équipe d’Ohm, basé sur l’échange et le partage. « J’aime beaucoup cette expérience et c’est bien de fixer les œuvres en complément du live, même si ce n’est pas évident. »
L’inspiration du bouzouki
Ce jour-là, il s’agit de se plonger dans les dernières compositions. L’écoute attentive de Yann Tournay contribuera à les sélectionner et préparer les arrangements, ainsi que des collaborations pour l’enregistrement, par exemple avec sa complice au chant Orianne Ardeois.
« En live, je joue de la guitare et depuis un an je pratique aussi le bouzouki. » Cet instrument à six ou huit cordes, répandu en Grèce et en Irlande, a séduit Morgane Tigero pour ses sonorités multiples. « Je pensais l’utiliser pour de petits arrangements et finalement, ces dernières semaines, j’écris des morceaux uniquement au bouzouki. »
La Nazairienne, par ailleurs comptable à Saint-Nazaire Agglomération Tourisme, envisage ce prochain mini-album avec des étoiles dans les yeux. « Il sera un peu plus rythmé et coloré que le premier qui était très intimiste. Récemment, un concert en trio avec le batteur Florian Kernéis a ouvert des perspectives nouvelles. Mais l’EP sera toujours personnel, avec la mise en musique de mes émotions. »
Parcours autodidacte

Il a fallu du temps à la jeune femme pour oser dévoiler ses créations et monter sur scène. Elle avait huit ans quand la musique est arrivée dans sa vie. « J’ai vu un cousin jouer du piano. J’ai eu envie de faire comme lui. A dix ans, j’ai eu un piano, puis lorsque j’ai eu douze ans, mon père m’a offert une guitare et montré deux accords. J’ai appris toute seule quand j’étais au collège avant d’intégrer le lycée Aristide Briand et l’option musique. »
C’est finalement avec un collègue de travail, Maelwenn Leduc, que Morgane Tigero révèle ses talents de compositrice. « On avait fait un projet en duo et commencé à composer ensemble. Cela m’a montré que j’étais capable de le faire. » La musicienne intègre un groupe de rock, Macadam Blossom, avant de composer des mélodies plus personnelles au moment de la crise sanitaire. « Le confinement a été l’occasion de montrer ce que je faisais. »
Aujourd’hui, Morgane Tigero conjugue sa vie professionnelle et de mère de deux enfants avec sa passion. « C’est mon équilibre. La musique doit rester un plaisir et mes enfants sont contents pour moi. J’ai vu mes parents faire de la peinture et de la sculpture en plus de leur métier et ils continuent maintenant tous les jours à la retraite, donc je me dis que je ferai de la musique peut-être toute ma vie, ou même des tournées, tout est possible ! »
Un accompagnement nazairien

Morgane Tigero a débuté ses répétitions dans les studios du VIP où elle reçoit toujours de précieux conseils. Elle est aussi accompagnée par le studio Ohm et le label Tsukuné créé en 2024 par des artistes pour promouvoir la scène locale (plus d’informations et de vidéos sur le site de Tsukune).
La musique de Morgane Tigero en quelques mots
Morgane Tigero est influencée par les musiques qu’elle écoute, de la folk au métal en passant par le rock ou les bandes originales de films. Elle adore Dean can dance, Jeff Buckley, Kate Bush, Patti Smith et Agnès Obel. Teintées de mélancolie, ses chansons sont écrites en anglais le plus souvent, mais aussi en espagnol, langue maternelle d’un aïeul. Certaines sont empreintes de mélodies orientales.