Pour Gabrielle Halpern : «L’hybridation est un outil pour sortir d’une société dans laquelle tout le monde est rangé dans une case.» © Christian Robert

Invitée de la soirée de rentrée de Saint-Nazaire Agglo au Théâtre Simone-Veil, la philosophe Gabrielle Halpern est venue faire l’éloge de l’hybridation comme projet de société. Un thème qui colle aux enjeux du territoire nazairien où s’entrecroisent industrie, tourisme et espaces naturels.

Gabrielle Halpern consacre ses recherches au concept de l’hybridation. Mais pas question pour la philosophe de rester dans la théorie pure. L’hybridation, c’est du concret et, dans le monde réel, elle se réjouit d’en trouver de plus en plus d’exemples. Sur la couverture de son livre, un centaure mi-homme, mi-cheval donne d’emblée une indication précise du concept. 

Cette créature mythique est un nouvel être à part entière, ni l’homme, ni le cheval ne dominent, c’est une métamorphose réciproque. Traduction dans notre société contemporaine : «l’hybridation est un mariage improbable entre des secteurs qui peuvent sembler contradictoires ou incompatibles mais qui produit de l’innovation, des nouveaux métiers ou de nouveaux services»  

Comme des artistes qui collaborent avec des ingénieurs et produisent des outils pour sauver le corail, une maison de retraite à Marseille qui devient crèche et vice-versa, un collège qui fait de sa cantine un restaurant ouvert à tous et lance une épicerie ou encore un territoire comme celui de Saint-Nazaire où s’entrecroisent les enjeux industriels, touristiques et environnementaux.

« Un outil pour sortir des cases »

A la soirée de rentrée de l’agglomération devant un parterre d’élus locaux, d’habitants et d’acteurs économiques, associatifs ou culturels du territoire, Gabrielle Halpern est venue expliquer que l’hybridation était « un outil, un moyen très concret  pour sortir d’une société dans laquelle tout le monde est rangé dans une case» et qu’il permet aussi de jongler avec les nombreuses règlementations qui souvent découragent les croisements et les initiatives. 

Prouver que ça marche peut faire évoluer la législation pour répondre à un réel besoin. Par exemple, trouver un moyen d’héberger les saisonniers dans les internats des lycées libérés pendant les vacances. 

Des enjeux locaux


Une table ronde animée par Cécile Lefort avec Loïc Mareschal (paysagiste, directeur de Phytolab), Christophe Gavet (Pornichet La destination)Pierre Sabouraud (Saint-Nazaire agglomération tourisme) et Gabrielle Halpern.

Une table ronde animée par Cécile Lefort a permis d’aborder les enjeux locaux de l’hybridation avec Loïc Mareschal (paysagiste, directeur de Phytolab), Christophe Gavet (Pornichet La destination)Pierre Sabouraud (Saint-Nazaire agglomération tourisme) et Gabrielle Halpern.

Après son intervention, une table ronde a permis d’aborder les enjeux locaux de l’hybridation en s’appuyant sur  les exemples du tourisme industriel ou de l’aménagement des espaces publics. 

Dans un territoire très contrasté, entre mer, Brière et industrie, pas toujours simple de faire cohabiter enjeux économiques et cadre de vie agréable. Mais c’est possible est venu rappeler Loïc Mareschal, paysagiste et directeur de Phytolab qui a notamment travaillé sur le front de mer et le parc Rives d’estuaire au Petit Maroc.

A lire. « Tous centaures, l’éloge de l’hybridation », aux éditions Le Pommier.

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