The Black, the White, the Blue : Édith Dekyndt au Grand Café

Edith Dekyndt, vue de l’exposition The Black, The White, The Blue au Grand Café – centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, 2020. Courtesy Konrad Fischer Galerie. © Marc Domage

Le Grand Café accueille jusqu’au 3 mai une exposition d’œuvres de l’artiste belge Édith Dekyndt, promenade entre Nord et Sud à travers des installations qui utilisent des objets du quotidien pour interroger les relations entre matière et vivant.

 

Contrairement à l’habitude, le Grand café accueille actuellement une exposition qui n’a pas été créée pour le lieu : «Édith Dekyndt, qui participera à l’exposition collective de cet été, nous a proposé d’installer ici une exposition créée à Hambourg. Parce que les deux villes ont beaucoup de points communs, notamment leur caractère portuaire, leur tradition de commerce maritime, les bombardements dont elles ont été victimes… Créée dans un hangar unique, l’exposition s’est très bien répartie entre nos trois espaces », explique Hélène Annereau-Barnay, chargée de communication au Grand Café.

 

Le paradoxe de la flamme bleue

The black, the white, the blue occupe la grand salle : de vieux réfrigérateurs disposés debout ou couchés dans un vaste triangle jonché d’éclats de verre qui contient aussi Night in the Harbour, un ventilateur noir dont la rotation fait apparaître, grâce à une programmation minutieuse, une flamme bleue. Le chaud et le froid réunis, avec le paradoxe de la froide couleur bleue que prend une flamme à très haute température.

Une vision des relations Nord/sud symbolisée par ces objets du quotidien trouvés dans un hangar du port de Hambourg, prêts à être envoyés en Afrique pour vivre une « seconde vie », ou : l’Europe se débarrassant de rebuts trop vieux pour l’Occident mais bien assez bons pour les habitants de pays pauvres…

Avant leur départ, ces objets amoncelés étaient utilisés par de jeunes amateurs de parkour* pour leurs acrobaties. C’est le bruit provoqué par leurs sauts de frigo en frigo qui est diffusé dans l’espace d’exposition, avec une résonance qui donne au visiteur l’étrange sensation de se trouver dans un espace beaucoup plus vaste.

Edith Dekyndt, vue de l’exposition The Black, The White, The Blue au Grand Café – centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, 2020. Courtesy Konrad Fischer Galerie. © Marc Domage

"La fragilité de la nature"

Dans la petite salle du rez-de-chaussée, Moonrise at the Sea (Lever de soleil en mer) est composée de nombreuses rangées de simples étagères blanches vides, à l’exception de trois bocaux. Dans la même pièce, The Nature of the North in all the Beauty of her Horrors, saison 1 (Nature du Nord dans toute sa terrifiante beauté) reprend le thème de la célèbre Mer de glace de Caspar David Firedrich : un congélateur-bahut contient de l’encre de Chine qui, congelée, forme une masse compacte de glace noire évoquant chaos et désastre.

L’ambiance est tout autre au premier étage avec notamment  The Southern Nature in the Lush and Majestic Splendor composé d’une vieille porte posée au sol, sur laquelle repose un aquarium contenant un bloc de mousse mouillé et enveloppé de velours noir, placé à l’envers sur un coussin chauffant. Sous l’effet de la condensation, la surface du verre se couvre de buée et gouttes d’eau.

« Le travail d’Edith Dekyndt attire notre attention sur la fragilité de la nature, la nécessaire protection de la biodiversité, et le danger de nos interactions visant à maîtriser ce qui ne peut l’être. » conclut Hélène Annereau-Barnay.

* Discipline sportive acrobatique qui consiste à franchir des obstacles urbains ou naturels, par des mouvements rapides et agiles et sans l’aide de matériel.

Pratique

Pratique

  • The Black, the White, the Blue jusqu’au 3 mai au Grand Café, place des 4 Z’horloges. 
  • Tous les jours de 14h à 19h (fermé le lundi et les jours fériés)
  • Entrée gratuite

Revenir en haut de page