- Culture

Portrait. Camille Judic, suspendue à ses rêves

En création depuis près d’un an, Camille Judic a fait plusieurs résidences à la Volière, dont elle est l’artiste associée. Sa dernière résidence, la création lumière, se déroulera au Théâtre, juste avant sa première représentation. © Noémie Saintilan - Agrandir l'image, .JPG 39Ko (fenêtre modale)
En création depuis près d’un an, Camille Judic a fait plusieurs résidences à la Volière, dont elle est l’artiste associée. Sa dernière résidence, la création lumière, se déroulera au Théâtre, juste avant sa première représentation. © Noémie Saintilan

Mardi 13 décembre au Théâtre de Saint-Nazaire, l’artiste nazairienne Camille Judic présentera sa nouvelle création L’Âme de Hécata, 2è opus de La Trilogie de l’Âme. Portrait.

A 28 ans, Camille Judic est une artiste accomplie. De la Hollande à la Belgique, en passant par le Canada, elle se forme dans les établissements les plus renommés, notamment l’école supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles. Sa spécialité, les sangles aériennes : « C’est une discipline très dure, très masculine mais je souhaitais maîtriser ses techniques à la perfection pour qu’elle soit au service de l’histoire que je veux raconter. »

Une volonté sans faille

Si elle commence sa pratique des arts du cirque assez tard, à l’entrée au collège, Camille Judic ne montre aucune faille dans sa détermination de faire de sa passion un métier. « Au départ je ne pouvais même pas monter sur un trapèze, » se souvient-elle. « Je me suis alors dit : à partir d’aujourd’hui, je ferai des pompes et des abdos tous les soirs. »

La circassienne découvre ensuite le tissu aérien grâce à Fred Deb’, fondatrice de la compagnie Drapés aériens et de la Volière, lieu dédié aux arts du cirque à Saint-Nazaire. « Fred Deb’ m’a prise sous son aile et m’a montré qu’un avenir dans le cirque était possible. »

L’envolée de sa carrière

Malgré de nombreuses blessures, Camille Judic poursuit son rêve sans relâche. Elle parcourt le monde, mène de front plusieurs activités – spectacles, création de costumes, enseignement – puis part vivre son rêve d’enfant auprès du prestigieux Cirque du Soleil à Montréal. Arrivent la crise sanitaire et la fin prématurée de son aventure canadienne. « Je me suis isolée et j’ai accroché des sangles dans le garage, dans le jardin, dans le grenier. Puis j’ai réalisé que je me sentais prête à créer mes spectacles, » confie-t-elle.

Création et transmission

La jeune artiste imagine alors un projet de trilogie. A l’été 2021, elle joue sa première création Peau d’âme. « Ce premier opus m’a permis de me faire connaître des professionnels de la région et de retrouver le contact avec le public. » Pour le second opus L’Âme de Hécata, co-produit par le Théâtre de Saint-Nazaire et la Volière, elle bénéficie notamment de la bourse d’aide à l’écriture SACD Beaumarchais et d’une subvention exceptionnelle de la Ville de Saint-Nazaire, « une belle reconnaissance pour une auteure de cirque. »

Quand elle ne travaille pas sur sa création, Camille Judic transmet sa passion aux plus jeunes. « Je propose des ateliers en lien avec mon spectacle, autour de la notion d’attachement, » précise-t-elle. Ces ateliers sont le fruit d’un partenariat entre l’artiste, le Théâtre, la Volière et Musique et danse Loire-Atlantique.

L’Âme de Hécata de Camille Judic au Théâtre de Saint-Nazaire le 13 décembre à 20h. Représentation scolaire le 14 décembre à 10h. www.letheatre-saintnazaire.fr