“Un samedi matin, dans la cuisine familiale, Rose ferme les yeux, fatiguée. Ce repos d’une grande douceur, assise sur sa chaise, lui fait tant de bien qu’elle le prolonge l’après-midi, jusqu’au soir, puis le dimanche qui suit, absorbée par les territoires sensibles qui s’ouvrent à elle.
Après Monde sans oiseaux, Les Silences sauvages et Quelques moments sans gravité, ce roman plonge profondément dans l’intensité du monde intérieur d’une femme épuisée par sa double charge mentale, personnelle et professionnelle. Surprise par le répit que ses paupières closes lui offrent, Rose réfléchit à sa vie, à sa relation au temps et au monde, et résiste aux injonctions de rejoindre la frénésie quotidienne – tant qu’elle n’aura pas fait le tour de son introspection lumineuse. S’ouvrent progressivement de nouvelles perceptions du monde qui la fascinent, créent de nouveaux réseaux de sens pour elle, de nouvelles possibilités d’interaction avec ses enfants, avec son mari, et tout le vivant qui l’accueille. Jusqu’où son geste de résistance, infime au départ, radical avec le temps, mais aussi féministe, écologique, poétique et animiste les mènera-t-il, elle et ses proches ? C’est la richesse de la fiction de permettre l’exploration de toutes les logiques possibles, jusqu’à la plus organique et troublante des mutations.”
Karin Serres