Florentin Delacour, plongé dans le grand bain

Avec ses 5 médailles d’or aux Virtus Global Games, Florentin inscrit son nom dans l’élite de la natation adaptée. © Martin Launay.

Tout juste âgé de dix-huit ans, Florentin inonde déjà les podiums de son talent. Avec une première cape en équipe de France de natation et quatre médailles d’or aux Virtus Global Games, l’équivalent des Jeux Olympiques pour le sport adapté, le jeune espoir du Handi’nat Région Nazairienne a tout raflé la saison passée et vise désormais les championnats d’Europe en 2024.

 

Florentin Delacour a quasiment tout conquis l’année passée. En parallèle de son processus d’intégration au pôle France, de ses quatre médailles d’or au relais et de sa médaille de bronze en individuel aux Virtus Global Games, l’équivalent des Jeux olympiques pour le sport adapté, le nageur fait aussi carton plein dans sa vie personnelle. Entre deux compétitions, il obtient son bac  général avec mention, son permis de conduire, sa première sélection nationale et réussit le concours d’entrée d’une école de journalisme.

S’il devient quadruple champion du monde en juin 2023, le point culminant de son année est atteint en octobre 2023. Entouré de ses parents et de ses coéquipiers, il est reçu à l’Élysée pour ses performances aux Virtus Global Games. « L’invitation du président, je n’y croyais pas. Je suis comme sur un nuage. C’était une année riche en émotions avec pas mal de succès. Les médailles, le pôle France, l’Élysée, ça fait déjà plusieurs mois mais j’ai encore du mal à y croire », confie-t-il.

Un parcours singulier

«J’ai commencé la natation il y a huit ans, un peu par hasard. J’avais déjà fait plusieurs sports, sans trop de volonté. Je ne regarde même pas le sport à la télé ! », plaisante-il. Atteint de troubles du spectre autistique depuis son plus jeune âge, les relations sociales ont longtemps été sa hantise. « C’est pour cela que je n’ai pratiqué que des sports individuels. Au moins, avec le judo, le kayak, et puis la natation, j’étais seul et tranquille, ironise-t-il. Avant j’étais complètement asocial. »

Une réticence qui s’exprimait aussi dans les bassins. « Ma première compétition, je ne voulais vraiment pas y aller. Ma mère et mon coach m’y ont poussé. Moi je n’étais pas sûr d’aimer ça, je m’entraînais simplement parce que j’aimais la piscine. Dans l’eau, je me sens apaisé. »

Désormais intégré au pôle France et inscrit sur les listes ministérielles en tant que sportif de haut niveau, Florentin avoue un changement d’attitude drastique. Un avis partagé par son entraîneur, Steven Maillard : « Ce n’est plus le même qu’avant. Si on m’avait dit plus tôt qu’il deviendrait un guerrier dans le bassin, assidu aux cinq entraînements par semaine, et déterminé à décrocher les meilleurs temps, j’aurais eu du mal à y croire. Je suis très fier de lui, avant c’était un barboteur et maintenant c’est un vrai athlète.»

Et pour la suite ? Avec les performances réalisées la saison passée, Florentin est un concurrent sérieux pour le titre de champion continental, mais il garde les pieds sur terre : « Mon objectif quand j’ai commencé la compétition était de grappiller une coupe aux championnats de France, et maintenant j’ai une cinquantaine de médailles, un record de France, et je finis dans les jardins de l’Élysée avec ma famille, c’est déjà énorme. »

 

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