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Narcisse Pelletier, un voyageur hors norme

Narcisse Pelletier, de Saint-Gilles-Croix- de-Vie à Saint-Nazaire en passant par l’Australie. © Collection de la Royal Historical Society of Queensland, Australie. - Agrandir l'image, .JPG 343Ko (fenêtre modale)
Narcisse Pelletier,
de Saint-Gilles-Croix- de-Vie à Saint-Nazaire en passant par l’Australie.
© Collection de la Royal Historical Society of Queensland, Australie.

Narcisse Pelletier a vécu un destin hors du commun. Il a passé dix-sept ans dans un clan aborigène avant d’être récupéré par des Anglais. Il est ensuite devenu gardien de phare à Saint-Nazaire.

Sur les traces de Narcisse à Saint-Gilles-Croix-de-vie

Narcisse Pelletier est né à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée, en 1844. Il s’engage comme mousse à 12 ans. Maltraité, il change d’embarquement pour le long cours. Il fait naufrage puis est abandonné sur les côtes aus- traliennes par son capitaine. C’est là qu’il est recueilli et adopté par un clan aborigène. Il y restera jusqu’à l’âge de 31 ans. Des Britanniques, qui l’avaient identifié comme européen, le ramènent alors en France. Devenu complè- tement aborigène, il a oublié le français, qui lui reviendra petit à petit, et il gardera toute sa vie une certaine dis- tance avec un monde qui l’avait oublié.

En « dédommagement », à son retour, il est nommé gar- dien du phare de l’Aiguillon (à terre). Narcisse s’installe définitivement à Saint-Nazaire, s’y marie et y décède à l’âge de 50 ans. Il repose au cimetière de la Briandais. Sa tombe vient d’être restaurée par l’association des amis de Narcisse Pelletier avec l’aide des communes de Saint-Nazaire et Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Un cas exceptionnel

Narcisse Pelletier est un cas exceptionnel de double déracinement dans des cultures diamétralement op- posées : la Vendée postrévolutionnaire et le monde aborigène de l’hémisphère sud. À chaque fois, il montra une capacité d’adaptation et de résilience qui en font un sujet d’étude passionnant. Malheureusement, le monde scientifique de l’époque a surtout vu en lui un objet de curiosité et, à part quelques notes du docteur Merland, il n’y a pas de trace des connaissances ac- cumulées pendant dix-sept ans par Narcisse sur les Aborigènes des plages. C’est seulement en 2004 que son histoire a refait surface grâce à une anthropologue australienne spécialiste des Aborigènes des plages, et un ethnologue.

Un récit à sauvegarder

Les Villes de Saint-Nazaire et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ont décidé de travailler ensemble à la sauvegarde du récit de cette vie hors norme qui porte un témoignage singulier sur l’incroyable capacité d’adaptation des êtres humains.

Des discussions ont lieu avec l’association des Amis de Narcisse Pelle- tier et des représentants australiens pour organiser ces prochaines années une exposition autour de Narcisse Pelletier, le voyageur du temps.